Publié initialement le 9 septembre 2022 — Mis à jour le 23 juin 2026
Lors de la rédaction du business plan ou au cours de la vie de l’entreprise, la question des frais déductibles du bénéfice d’une société revient systématiquement. Déduire un maximum de frais permet de réduire légitimement le résultat imposable et donc le montant de l’impôt sur les sociétés (IS) ou de l’impôt sur le revenu (IR) selon le régime fiscal choisi.
Considérer une dépense comme une dépense professionnelle a deux avantages fiscaux majeurs :
- Elle constitue une charge déductible qui minore le bénéfice imposable.
- La TVA afférente est généralement récupérable (sous réserve que l’entreprise soit assujettie à la TVA).
1. Quels types de dépenses peuvent être déduites ?
Une dépense est déductible lorsqu’elle est engagée dans l’intérêt direct de l’entreprise, dans le cadre de sa gestion normale et dans le but de développer son activité ou de réaliser du chiffre d’affaires.
Exemple concret : si votre activité consiste à vendre des chaussures, l’achat des chaussures destinées à la revente est évidemment une charge déductible. Mais ce n’est pas tout : les frais engagés pour aller chez le fournisseur, les frais de communication avec les clients, les repas d’affaires avec un partenaire commercial, les déplacements professionnels, les publicités, ou encore les cadeaux d’entreprise (dans certaines limites) peuvent également être considérés comme des charges déductibles, dès lors que le lien avec l’activité professionnelle est clairement établi et justifié.
En 2026, les règles restent fondées sur le principe général posé par l’article 39 du CGI : les charges sont déductibles si elles sont réelles, justifiées et engagées dans l’intérêt de l’exploitation.
2. Puis-je tout déduire ?
Non, il existe des exclusions et des limites strictes.
Ne sont jamais déductibles :
- Les dépenses à caractère purement personnel (coiffeur, vêtements civils, pressing, courses alimentaires du dirigeant, etc.).
- Les amendes et contraventions pénales (stationnement, excès de vitesse, etc.).
- Les dépenses somptuaires ou exagérées sans lien réel avec l’activité (ex. : yacht, véhicule de luxe sans justification professionnelle proportionnée).
- Les charges fictives ou non justifiées.
- Certains impôts comme l’IS lui-même (sauf exceptions très limitées).
Il existe également des règles spécifiques pour les frais mixtes (téléphone, véhicule, logement, repas) : seule la partie professionnelle est déductible, et elle doit pouvoir être démontrée (factures, kilomètres parcourus, justificatifs, etc.).
3. Comment reconnaître les dépenses déductibles pour une entreprise ?
Les textes fiscaux ne pouvant pas lister toutes les dépenses possibles selon les métiers, l’administration fiscale et la jurisprudence s’appuient sur trois grands principes (actualisés en 2026) :
- Le lien direct avec l’activité professionnelle La dépense doit être nécessaire ou utile à l’exploitation et permettre de générer des revenus.
- Le caractère professionnel et non personnel La dépense ne doit pas procurer un avantage personnel significatif au dirigeant ou aux associés en dehors de l’intérêt de l’entreprise.
- La perspective de profit et la justification Il doit exister une corrélation raisonnable entre la dépense et l’attente de bénéfice. Toute dépense doit être appuyée par une facture au nom de l’entreprise (ou note de frais avec justificatifs).
Exemples de dépenses généralement déductibles en 2026
- Achats de marchandises, matières premières et produits destinés à la revente
- Salaires, charges sociales et honoraires de sous-traitants
- Frais de bureau (papeterie, logiciels, maintenance informatique, abonnement internet professionnel)
- Publicité et marketing (y compris campagnes digitales)
- Frais d’exploitation (loyer professionnel, électricité, chauffage, assurances)
- Frais de déplacement et de voyage professionnels (train, avion, hôtel, repas d’affaires avec plafonds mis à jour)
- Frais financiers (frais bancaires, intérêts d’emprunt professionnel)
- Frais de formation professionnelle du dirigeant et des salariés
- Honoraires d’expert-comptable et frais de comptabilité (désormais 100 % déductibles sans condition particulière)
- Cadeaux d’affaires (dans la limite de 3 % du chiffre d’affaires ou avec tracking précis)
- Frais de repas d’affaires (avec justificatifs et respect des règles anti-abus)
Erreurs fréquentes à éviter
- Déduire des frais personnels déguisés en frais professionnels
- Manquer de justificatifs solides en cas de contrôle fiscal
- Ne pas respecter les plafonds ou barèmes spécifiques (repas, véhicules, etc.)
- Oublier de distinguer les frais de pré-création (qui peuvent souvent être inscrits en immobilisations ou amortis)
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